CHRONIQUES
MICKEY FINN & CHRIS LYNN : BLACK HOLE
Chronique par Fred Delforge pour zicazic.com
Ce sont deux éminents représentants du rock et les retrouver sur la même rondelle ne peut qu’être un bonheur tant les personnalités respectives de Mickey Finn et de Chris Lynn sont complémentaires … Le premier, concentré de rock au limites d’en devenir une matière explosive, a accompagné Higelin et Nino Ferrer à la guitare mais croise également régulièrement le fer avec ses amis Jimmy Page, Bob Weston ou Phil May ! Le second a pour sa part emmené son harmonica sur toutes les routes du monde, accompagnant épisodiquement à ses débuts un certain John Lee Hooker lors de ses adaptations endiablées de « Johnny B. Goode » … Réunis presque par hasard au dernier millénaire grâce à Carol Miles, les deux phénomènes se partagent aujourd’hui les voix et invitent Alejandro Marassi (basse), Alain Gouillard (batterie) et Darek Eksanow (guitare acoustique) à les rejoindre dans un voyage interplanétaire enregistré à Paris dans la bonne humeur. Let there be rock !C’est sur des fondations où l’on retrouve une grosse part de rock et de blues que Mickey Finn & Chris Lynn posent ce « Black Hole », on s’en serait douté, et c’est en ménageant une alternance ingénieuse entre des titres fortement teintés de southern rock et d’autres plus proches du Chicago blues que les deux frontmen avancent de concert, faisant parler la poudre dès que possible mais laissant à l’occasion leur côté le plus mélodique voire même acoustique reprendre ses droits. On sent l’osmose parfaite entre deux musiciens qui partagent la même culture et les mêmes influences noires-américaines, des titres comme « Snake & Spiders » nous ramenant vers la Windy City après que des brûlots imparables du genre de « If You Want To Dance To R‘nR » et autres « Legs » nous aient trimballé de la Bay Area jusqu’à Austin. On saluera autant un titre délicat comme « Rough Water » où Mickey Finn assure le chant lead qu’un autre comme « She » où les accents psychédéliques dominent ou encore un « Freedom Train » folk à souhait et un « Nasty Nancy » carrément bien foutu ! Le remix electro de l’excellent « 21st Century Man » en surprendra plus d’un avec ses variations poussées mais il s’inscrit dans la lignée naturelle de l’album en en gardant le ton sincère et convaincant. Une très belle réalisation à ne pas manquer …
IN VITRO : IZ PARIS READY TO ROCK?
Chronique par Fred Delforge pour zicazic.com
Depuis 1984, ce groupe de punk rock de la banlieue nord de Paris aura eu le temps de se faire une réputation en donnant près de quatre centaines de concerts et en balançant sa hargne sur pas moins de quatre albums et quelques vinyles. Contemporains des Oberkampf, Bérus, Ludwig, La Souris Déglinguée et autres Porte Mentaux, In Vitro aura connu les hauts et les bas de la vague alternative et aura frôlé à nombre de reprises l’implosion, s’en sortant à chaque fois en remaniant son line up mais aussi chacune des formules qui à l’arrivée auront contribué à faire avancer le schmilblick … En 2008, In Vitro nous crache un nouveau pamphlet assassin à la face et ce sont Yo (guitare et chant), Groover (basse) et Tommy (batterie) qui s’y collent pour aider à mieux faire passer la pilule ! Ames sensibles, s’abstenir …Chez In Vitro, on ne fait pas dans la dentelle et le trio va se charger de le rappeler d’entrée de jeu en nous posant volontairement la rondelle dans un digipack du plus mauvais goût et en enchaînant de suite des titres où la langue de Molière lui permet de vider son sac sur des sujets forts ou plus légers qui lui tiennent à cœur. Le riff reste basique et la rythmique l’accompagne dans son minimalisme, laissant la punk’n’roll attitude prendre le dessus sur une technique qui n’est généralement qu’anecdotique. Les chansons se suivent à un rythme soutenu mais In Vitro se dégage assez vite du format punk traditionnel et des titres de deux minutes pour tenter de développer des thèmes où il est toujours question d’anarchie et donc forcément des institutions contre lesquelles elle se bat. Rafraîchissant et fécond, « Iz Paris Ready To Rock ? » nous réserve ses « Vidéo Gestapo », « Percer Paris », « J’aime toi », « Johnson’s, Rade Rock » ou « Messieurs la cour » mais aussi quelques reprises comme « Antenna » de Kraftwerk ou encore « Speedway » d’Alan Vega et un joli bonus, « Riot In The Sand », planqué en fin d’ouvrage. In Vitro … véritas !
P.L.M.B : DEAD MOVES NOT THE PUZZLE
Chronique par Fred Delforge pour zicazic.com
Quand trois jeunes New Yorkais caressent l’envie légitime de jouer du punk rock, on est en droit de s’attendre à quelque chose de spécial, surtout quand ils vous affirment d’entrée de jeu qu’ils souhaitent incorporer une grosse dose d’influences garage rock à leurs compositions … Et forcément, le résultat est à la hauteur de nos attentes puisque P.L.M.B. trouve non seulement sa voie mais développe en prime une énergie folle puisée dans la fougue de ses trois membres, Buddy A (guitare et chant), Buddy B (batterie) et Mc Jim (basse). Repéré en France en décembre 2007 lors de son concert parisien du Trabendo en compagnie de Sna-Fu et Chikinki, le trio s’infiltre lentement mais sûrement chez nous avec une première rondelle qui va forcément laisser des traces !Le mur du son est régulièrement franchi avec P.L.M.B. mais plus que les guitares qui fulminent, c’est avec une voix de dératé totalement ahurissante que le trio se fait remarquer dès les premiers instants de ce maxi sacrément dense et solide. Accompagné par John Mistretta à la guitare sur « Putra Juice », les Américains nous éructent quelques brûlots irrésistibles sur lesquels les breaks et autres changements de styles sont légion, les transitions acoustiques laissant généralement entrer des déluges rythmiques totalement imprévisibles l’instant d’avant. Regroupant cinq compositions sur à peine plus de dix minutes, « Deal Moves Not The Puzzle » est une véritable bombe atomique instable au possible qui décapite les amplis à grands coups de « Bookstore », « Powmia », « Don’t Skate » et autres « Dad Is Mad ». Vous en aviez marre du skate-punk californien, passez au garage-punk new-yorkais … Effet bœuf garanti !